Rencontrez nos créateurs Entretien avec l'apicultrice Shyanne

Q. En tant qu'apiculteur à Tahi, comment décririez-vous le lien entre les abeilles, la terre et l'écosystème plus large de cette région ?

A. À Tahi, les abeilles ne sont pas de simples pollinisatrices ; elles font partie intégrante d’un écosystème que nous avons mis vingt ans à reconstruire de A à Z. Autrefois, cette terre était dénudée. Aujourd’hui, grâce à nos efforts de régénération, c’est de nouveau un écosystème fonctionnel.

Les abeilles sont essentielles à cela. Elles sont omniprésentes, pollinisant et assurant la pérennité de l'écosystème. Nous ne les traitons pas comme une simple marchandise. Nous gérons les ruches en respectant les rythmes naturels de l'environnement. Nous n'utilisons ni pièges à pollen ni ne collectons de venin. Nous les laissons se nourrir de leur propre miel tout l'hiver, car c'est leur nourriture naturelle. C'est plus lent, mais plus intelligent. On obtient ainsi des abeilles en meilleure santé et un miel de meilleure qualité, un miel qui reflète véritablement le terroir dont il est issu.

« Il ne s’agit pas d’idées abstraites comme « faire le bien », il s’agit de résultats visibles dans le sol, dans la faune aviaire, dans la santé des ruches. »

Q. Tahi, ce n'est pas seulement du miel, c'est aussi restaurer la biodiversité et rendre à la terre ce qu'elle nous a donné. Comment cette mission influence-t-elle votre travail, et pourquoi est-elle importante ?

A. C'est précisément le but de notre mission. Chez Tahi, tout repose sur l'idée que la terre et l'activité économique doivent être en harmonie, et non en opposition. Nous ne cherchons pas à exploiter la terre au maximum, mais à lui redonner davantage.

Cela se reflète dans la manière dont nous planifions l'emplacement de nos ruches, dont nous prenons en compte les cycles de floraison des espèces indigènes et dont nous évitons de perturber l'écosystème, car il ne s'agit pas seulement des abeilles, mais du bon fonctionnement de l'ensemble du paysage. Cela donne un aspect concret et tangible à notre travail. Il ne s'agit pas d'idées abstraites comme « faire le bien », mais de résultats visibles dans le sol, dans la faune aviaire et dans la santé des ruches.

Q. Vous dirigez également le programme « Tahi's Bee Friends », qui initie les écoles à l'apiculture. Pourquoi ce travail est-il si important pour vous ?

A. De nos jours, la plupart des enfants n'ont que peu de contacts avec la nature. Le programme « Amis des Abeilles » change la donne. Nous les emmenons dehors, équipés de combinaisons, près d'une ruche en activité, et ils peuvent poser de vraies questions. Cela transforme tout. On voit le changement s'opérer : les enfants passent de la peur à une véritable fascination. Ils commencent à comprendre le rôle essentiel que joue un insecte aussi petit qu'une abeille dans notre alimentation et la santé de la planète. Nous ne nous contentons pas de leur parler des abeilles, nous leur donnons une raison de s'en soucier.
Bee Friends vise à développer cette compréhension dès le plus jeune âge, et à la rendre passionnante, sans être moralisatrice.

« Un lieu où les abeilles sont autorisées à faire ce qu'elles sont censées faire : butiner dans des paysages variés. »

Q. Selon vous, qu'est-ce qui rend le miel de Tahi vraiment spécial, et comment la façon dont nous prenons soin de nos abeilles se reflète-t-elle dans chaque pot ?

A. On trouve beaucoup de miel, mais peu comme celui-ci. Le miel de Tahi est produit dans un endroit où les abeilles peuvent butiner librement dans des paysages variés regorgeant de mānuka, de kānuka, de pōhutukawa et d'autres espèces indigènes. Cette diversité se retrouve dans le miel. Il est complexe, puissant et possède un caractère unique.
Mais ce qui nous distingue vraiment, c'est notre façon de travailler. Nous ne vidons pas les ruches de leurs entrailles. Nous ne prenons aucun raccourci. Nous n'intervenons que lorsque c'est absolument nécessaire. Pas de pièges à pollen, pas de prélèvement de venin, pas de nourrissage artificiel. Juste des abeilles, qui font leur travail, dans un environnement recréé pour les accueillir.